Le travail de Jean-Philippe Thibault nous plonge de plein pied dans le monde de lenfance. Son projet piratou plein pain combine une série de photographies et de courtes vidéos qui présentent des scènes narratives fictionnelles évoquant lunivers des séries télévisées de notre enfance. Ce travail peuplé de personnages colorés et détranges marionnettes renvoie à un monde burlesque, voire grotesque, à la fois familier et lointain où cohabitent indifféremment le réel et lirréel.
Nourris des peurs, des peines et des joies les plus anciennes incarnées hier par telle ou telle princesse, tel ou tel pirate, les projets de Thibault se nichent au creux dun territoire intérieur imprécis mais bien réel où coexistent lenfance et lâge adulte. Lattitude ludique ici mise en uvre ne signale aucune opposition. Elle ne cherche ni à exprimer une critique ni à parodier un monde adulte rigide et oppressant, mais tend plutôt à renouer avec un état sensible lié à lenfance, soit un état dinnocence jubilatoire, voire euphorique, dans une perspective de réactualisation. Cet état, désigné sous lappellation « zipertatou », se trouve à la source du processus créatif de Thibault et constitue le thème central de sa recherche.
Arborant un délire poétique débridé, ce travail met en lumière une perte tragique qui sopère insidieusement quelque part dans notre parcours individuel et collectif : la perte de cette faculté derrance délibérée et dénuée de tout souci de finalité.
debna
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Jean-Philippe Thibault est en voie de terminer sa maîtrise en arts visuels et médiatiques à lUQAM. Il a déjà participé à plusieurs expositions, notamment à la Maison de la Culture Notre-Dame-de-Grâce en 2001, à la galerie VAV en 2000 et à lil de poisson en 1998.
Lartiste tient à remercier : mirliflore, Dominique Toutant, Antoine Pelletier, Sébastien Dubé, Jean-Thomas Jobin, Vincent Léonard, Paul Litherland, Monique Régimbald-Zeiber et Pierre Gosselin.
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