Le statut de la bande dessinée demeure aujourd'hui fort ambigu. Mal connue, mal comprise, cette forme d'expression est souvent considérée comme une pure et simple distraction, voir un « sous-art » une perception que ses créateurs et amateurs tentent de dissiper, notamment en diversifiant les plates-formes de diffusion. La présentation, à la galerie CLARK, d'une importante sélection de dessins, de sérigraphies, de peintures et d'animations du collectif Le Dernier Cri, se veut une occasion de rencontre avec les univers débridés de plus d'une trentaine de dessinateurs comptant parmi les plus irrévérencieux créateurs de bande dessinée sur la scène internationale.
Fondé en France par Pakito Bolino et Caroline Sury, Le Dernier Cri s'est forgé, en quelque dix ans d'existence, une niche de choix dans le monde de la bande dessinée underground. L'association conserve aujourd'hui l'esprit de révolte, d'extravagance et de liberté qui a motivé sa création.
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En plus de la réalisation d'une revue ponctuelle (qui porte le nom du collectif) et de monographies privilégiant toutes la sérigraphie, LDC produit des films d'animation (Hôpital brut, 1999 et Les religions sauvages, 2004).
Fort de la complicité de collaborateurs prolifiques et décadents à souhait, LDC a publié à ce jour près de 150 titres où la mise en boîte des tabous de la société et la confrontation à nos pudeurs occupent une place de premier ordre. Éclectiques sur les plans formels, stylistiques et thématiques, les productions du Dernier Cri convergent toutes vers un même objectif : mettre en relief les mÏurs et comportements humains par un usage sans retenue d'humour noir, absurde et dérisoire. Aussi bien dire que les dessinateurs du Dernier Cri s'emploient, avec un malin plaisir, à travestir l'image naïve des héros asexués et moralement irréprochables des BD de notre enfance.
NdeB.
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